Le regard de Dora interpelle. Elle interroge l’autre. La normalité, le bien-pensant, celui des parents qui au nom d’une protection (pour qui ? On est en droit de se poser la question ?) impose à Dora une camisole pharmaceutique.

La mère est là, dans toute sa complexité. Femme mythologique qui essaie de désarçonner la maladie. Il n’y a pas que les médicaments dans la vie.  Et le père lui, qu’en pense-t-il ? Il fuit sa fatigue.

La tranquillité, n’est-ce pas le confort du doute ? Cette drôle d’attente nichée dans la conscience de ceux et celles qui pensent que l’étrangeté d’un comportement mérite la sanction de la normalité.

Tout dérange devant l’incompréhension, ce non-conformisme qui n’a rien avoir avec l’art  -  encore que ! Dora dessine et transmet. A qui ? Dora perturbe. Elle est cette révolte qui ne semble comprise par personne, même par son amant qui croit profiter de sa faiblesse et qui doucement se laisse happer.

Il est d’ailleurs très intéressant de percevoir que dans le déroulement du film, le plus inquiet, n’est pas celui auquel on pense. L’affranchissement de l’amant n’est qu’illusoire devant la volonté de « femme » de Dora . La fuite n’est-elle pas dans la déraison ? L’absence de courage !

Cette violence quotidienne, cet enfermement au propre comme au figuré - Le retour dans le centre spécialisé en est un exemple parfait, Dora refuse de se plier à la règle, n’est-elle pas devenue une femme ? .

L’évolution du personnage est caractéristique. En violence. Dans le non-dit.  Ce rapport à l’étrangeté de l’être devient un atout. Une libération.  En quoi, une jeune femme aurait-elle le droit de vivre autrement ? De ne pas être en accord avec son corps ? Sa maladie ?

Tout le film est ancré sur cette libération, quitte à faire mal, quitte à déranger, voire révolter le spectateur. Le film de Stina Werenfels s’approche au plus juste de cette la liberté du corps qui dérange lorsque celle-ci est atrophiée dans les maladresses.

« Dora ou  La névrose sexuelle de nos parents » vient de sortir en salle et mérite votre attention. Pas seulement parce que l’adaptation de la pièce de théâtre de Lukas Bärfuss est réussie, mais parce que Dora nous interpelle comme citoyenne dans son égalité et que la réalisatrice Stina Werenfels, complice, nous offre à découvrir une remarquable écriture scénique. Le cinéma a cette faculté inimitable, celui de la transmission. Donner au spectateur l’envie. L’envie de voir ailleurs, du côté du théâtre peut-être.

Qui que tu sois César, ôte-toi de mon soleil 

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Dora ou  la névrose sexuelle de nos parents

Un film de Stina Werenfels

D’après la pièce de Lukas Bärfuss

 

En salle depuis le mercredi 7 juin 2017